Livres

Le tirage de chaque titre varie entre 1000 exemplaires, 450, ou 750.

L’AMANT DE SAINT-JEAN

L’Amant de Saint-Jean, de Vedrana DONIC’, Collection du Chapeau, 96 pages, 149*210 mm, 18€, ISBN : 978-2-9528442-0-8.

Le livre L’Amant de Saint-Jean est un recueil amoureux. Il évoque des sentiments difficiles à exprimer : La passion présente constituant deux êtres, le quotidien du couple, l’instant, et l’émotion unique. C’est un travail de forme, représentant une femme et un homme aux corps démesurés sans recherche d’esthétique particulière, des couleurs qui débordent des traits, des corps grossièrement dessinés, des collages de matériaux récupérés au jour le jour, de petites phrases sensibles telles des images à part entière. Ce sont des moments personnels et communs à chacun à la fois.

LA VIE EN ROSE

La Vie en Rose, Collection du Chapeau, 96 pages + 1 cd, 149*210 mm, 18€, ISBN : 978-2-9528442-2-2, texte et illustrations de Vedrana DONIC’ et musique de David Schuman.

La Vie En Rose est un livre audio qui intègre et s’inscrit dans la Collection du Chapeau, telle une suite logique du premier recueil amoureux L’Amant de Saint-Jean.
Comme son prédécesseur, ce livre aborde la vie sentimentale d’un couple, mais développe aussi l’aspect problématique de leur vie à deux.
Les séparations, les distances, les attentes, les déceptions, les mots et maux…
Chaque page correspond à une humeur, tantôt heureuse, tantôt morose.
En parallèle, on parle de joie et de mélancolie, de doutes et de certitudes, de complémentarités et d’oppositions.

Ce sont des images d’une femme et d’un homme captant des émotions inattendues du quotidien : Des moments de vie qui semblent insignifiants et qui sont porteurs de l’essentiel aux yeux de l’auteure.
Une succession de rien du tout. Des détails flous qui leurs sont propres et qui invitent à la lecture et relecture.
Le sens des images est parfois suspendu, accrochées au texte qu’elles poursuivent. C’est un livre poétique et graphique. Une poésie avec ou sans rimes, mais pas sans musique.
Un travail du trait sans artifices, auquel s’ajoute divers collages.
Les corps sont définis de manière imprécise parfois. Parfois non.
Le tout crée une ambiance, un climat, une impression, retranscrit un sentiment dans le dénuement, transmet une fragilité et une émotion simplement en se livrant. Une envie, un désir, une sensualité, un parfum, un son.

Cet ouvrage renvoie à quelques chansons et chanteurs populaires (Summertime, Otis Redding, Bourvil, Nat king Cole etc), ainsi qu’à des comptines pour enfants ré-adaptées. Tout le monde les identifiera et les interprétera à sa manière car elles font appel aux échos lointains, aux vécus et souvenirs que chacun peut associer à ces chansons.

Ce livre est accompagné d’un cd qui s’accorde parfaitement au livre. Ce sont des ambiances musicales très personnelles et d’une sensibilité impressionnante, à base de sons récupérés telle la pluie, une roue de vélo, un message de répondeur etc, réalisées par le musicien David Schuman. Utilisant des instruments et des objets, il appuie les sensations d’apesanteur, de cadence à 3 temps, de souffle, de matière aérienne, de légèreté incrustée dans du sable. Il trouve une justesse qui fait ressentir l’enchaînement des humeurs du couple.

LE PROBLEME

Le Problème, Collection Porte-Manteau, conte, illustrations d’Alice Richard, texte de Vedrana DONIC’, 32 pages, 175*200 mm, 07€, ISBN : 978-2-9528442-3-9.

Le Problème conte l’histoire d’un oiseau nommé Léon qui a un souci de couinements. Les autres oiseaux le tournent donc en ridicule en l’appelant le Vilain Petit Canard. Léon vit alors seul et déprimé.

Durant une semaine, tous les jours, il rencontre des personnes qui ont aussi un problème et qui tentent de trouver une solution au sien.
Seulement, le problème n’est peut-être pas là où on le pense ?
On devrait se poser les bonnes questions.

Il rencontre Clémentine l’étudiante qui a mal aux pieds. Jeannot le fermier qui ressemble au Diable avec sa fourche, déclenchant ainsi les moqueries des enfants. Lucien le poète qui n’écrit plus une ligne. Madame tête de poisson qui est prisonnière de son passé et qui, en conséquence, ne peut plus nager librement. Et Louis qui vient de rompre avec sa femme.

Chaque personnage lui propose une aide. Un Arbre à Souhaits, une soupe aux coquelicots, de la poudre d’Amour, une transformation en poisson, un saut en parachute.
Seulement rien ne marche et Léon part voler autour du monde pour s’aérer.

Un an plus tard, il revient, chacun a résolu son problème grâce à un autre.
Quant à Léon, il s’est trouvé une petite amie, bien qu’il fasse toujours Coincoin.

Le problème n’était peut-être pas là où on le pensait ?
On aurait du se poser les bonnes questions.

C’est un conte rythmé qui traite de différences, de normes imposées, dans un ensemble imagé. Ce sont des histoires croisées, un récit en mosaïques où se mêlent et s’entremêlent les petites histoires de chaque personnage.

Les images d’Alice Richard sont des interprétations à la fois légères, aériennes et poétiques du texte. Le traité en noir et blanc leur donne à la fois force et finesse, ainsi qu’un caractère spontané. Des personnages aux allures naïves et surréalistes se croisent, se rencontrent, à l’intérieur d’un seul et même univers au service du texte.

L’HOMME À LA TETE EN FORME DE MACHINE À LAVER

L’Homme à la tête en forme de machine à laver, Collection Porte-Manteau, conte, illustrations de Nadine Grenier, texte de Vedrana DONIC’, 32 pages, 175*200 mm, 07€, ISBN : 978-2-9528442-4-6.

Ce livre raconte l’histoire d’un homme qui avait une tête en forme de machine à laver, et qui désirait redevenir entièrement humain.
On l’utilisait souvent pour essayer de laver un coeur abandonné ou du linge sale. Les mauvaises rencontres de la vie (les gens en carton, les hommes à la tête de loup et de serpent) l’avaient rendu plutôt triste.

Un jour, un drap de voilier fut lavé dans son tambour, et lui décrivit la mer. Le coeur lourd de l’homme à la tête en forme de machine à laver fut tellement apaisé, qu’il décida de découvrir la mer.
Alors, avec sa soeur qui a une tête en forme de tiroir (elle doit y enfermer tous les problèmes des autres, les mots tordus, les mots lassons, les mots lusques), il partit.

Durant ce voyage, il rencontra l’homme à la tête en forme de boite à musique. Ce dernier était parti sous la pluie promener son chien au coeur de glace qui devenait verre. Il marcha jusqu’à ce que la pluie cesse.
Il ne parlait pas beaucoup, cependant lorsqu’il parlait, il faisait du bien à l’homme à la tête en forme de machine à laver (À rien ne sert de fuir ses problèmes car on les emmène avec nous, pour faire un voyage il faut déjà faire le tour de soi-même).
Ils ont avancé tous ensemble durant plusieurs mois.

Jusqu’au jour où il aperçut une voile…

L’homme à la tête en forme de machine à laver est le premier livre publié de Nadine Grenier.
Ses images sont très graphiques, très précises (par exemple, les motifs d’habits), détaillées, et justes.
Elle manie extrêmement bien son trait, les pleins et les vides, ainsi que le noir et blanc.

OLIVIER LE REPARATEUR DE COEURS

Olivier le réparateur de coeurs, Collection Porte-Manteau, conte, illustrations d’Alice Richard, texte de Vedrana DONIC’, 32 pages, 175*200 mm, 07€, ISBN : 978-2-9528442-5-3.

Ce livre raconte l’histoire d’Olivier, le réparateur de coeurs. C’était le seul réparateur de coeurs de sa ville car c’était le seul à avoir un coeur en bois depuis sa naissance. Ses parents ne savaient pas pourquoi car ils avaient des coeurs en verre qui se brisaient à chaque déception. Cela ne voulait pas dire qu’Olivier ne pleurait jamais, seulement qu’il n’était pas touché de la même façon. Cela lui permettait donc d’aider les coeurs plus fragiles : Il les réparait, les regonflait avec sa pompe, leur soufflait des mots doux, leur prêtait son oreille, les réfugiait sous son bras et les bordait.

Il n’était pas marié, il était bien trop occupé et toutes les filles pensaient que les souffleurs de coeurs ne ressentaient rien.

Un jour, il alla voir Madame Ombre qui souffrait. Elle aimait Monsieur De Fontaine, le fleuriste, mais ce dernier était attiré par une danseuse. Il tapissait le sol de lys et de pivoines à son passage.
Olivier proposa à Madame Ombre de laisser son coeur son sous oreiller cette nuit là pour le réparer.
Madame Ombre hésita Et si la petite souris passait ? C’est peut-être un de ces voleurs de coeur ! Une de ces personnes qui le prennent avec un regard ou un sourire, et qui l’emprisonne une fois qu’ils y sont entrés ! , puis le déposa en se disant Après tout !
Olivier passa, parla au coeur en lui versant du jus de fraise pour qu’il retrouve sa couleur originelle, et le répara.
Dès le lendemain matin, Madame Ombre repris son coeur rassasié, et sentit la paix d’esprit que son coeur neuf lui avait apporté.

Un jour de printemps, une femme dit à Olivier que c’était un homme de coeur.
Ce simple mot le toucha tellement que son coeur de bois devint un coeur tout court.
Maintenant, on ne sait pas si Olivier est encore réparateur de coeur, mais on sait qu’il souffle de belles paroles à l’oreille de cette femme.

À LA RECHERCHE DE LA SIRENE

À la recherche de la sirène, Collection Porte-Manteau, conte, illustrations de Nadine Grenier, texte de Vedrana DONIC’, 32 pages, 175*200 mm, 07€, ISBN : 978-2-9528442-6-0.

Ce livre raconte l’histoire d’un musicien de Jazz qui habitait sur une plage depuis longtemps. Il voulait y rencontrer une sirène.
Il attendait, seulement rien. Alors un jour, il partit en voyage avec sa contrebasse.
Il rencontra un trompettiste et un clarinettiste qui lui apprirent l’existence d’une boite à musique sur l’Île aux pirates, elle renferme un chant de sirène…

L’HOMME QUI MARCHAIT SUR SES MAINS

L’homme qui marchait sur ses mains, Collection Porte-Manteau, conte, illustrations de Faustine Jacquot, texte de Vedrana DONIC’, 32 pages, 175*200 mm, 07€, ISBN : 978-2-9528442-9-1.

C’est l’histoire d’un petit garçon qui aimait très fort sa voisine.
Malheureusement, elle devait déménager avec ses parents.
Apprenant la nouvelle, un soir de tristesse, il souffla sur sa main un baiser qui devait aller jusqu’à son amoureuse.
Mais à cause de la vitre du camion de déménagement, le baiser ne l’atteignit pas.
Son souffle se transforma en vent, puis en tempêtes et tourbillons, se promenant entre les feuilles des chênes et les champs de pivoines.
Finalement le vent est resté, a continué à souffler, et ce vent symbolise leur amour perdu.
Depuis le vent court partout à la recherche de cette fillette.

Ce garçon, car il en a eu le coeur retourné, a été atteint par une malédiction bien singulière : Tête en bas, pieds en haut, il marche sur ses mains depuis son départ.
Il ne le faisait pas exprès, c’était devenu ainsi.

Il devait faire attention où il mettait ses mains…

S’en suivront une rencontre, un passage au cirque, et même une métamorphose !

LA DAME DE COEUR

La dame de coeur, Collection Porte-Manteau, conte, texte de Vedrana DONIC’, illustrations de Laura Schneider, 32 pages, 175*200 mm, 07€, ISBN : 978-2-9558623-1-5.

Prune, une jeune femme sans attaches, rencontre une femme qui deviendra son amie et lui apportera beaucoup. Cette femme a des yeux absolument magnifique de la couleur vert anis, comme une aquarelle, ce qui lui vaudra le surnom de Yeux Verts.
Yeux Verts et Prune s’entendent bien jusqu’au jour où Yeux verts coupe les ponts. Prune est attristée.
Heureusement, l’histoire ne se finit pas là !
Une belle rencontre et des retrouvailles se profilent !

Entre mélancolie et poésie, ce conte évoque la rupture amicale, parfois presque aussi douloureuse qu’un chagrin d’amour, la disparition et le manque d’un être cher.

Extrait :

Un jour, en allant s’asseoir dans un parc, pour se changer les idées, elle écouta Otis Redding. C’est alors qu’elle rencontra une femme avec des yeux vert anis, telle une aquarelle. Une couleur tellement magnifique qu’on ne l’oublie pas. La lumière s’y déposait sans retenue dans une caresse impudique. Elles se mirent à parler de leurs voyages respectifs, on voyait tous ces pays dans le fond de ses yeux verts. Elles sympathisèrent et se donnèrent rendez-vous le vendredi qui suivit.

(…)

Elle se mit à la chercher dans tout le parc, mais ce fut en vain, elle n’avait laissé aucune trace, rien, juste un vide indicible en Prune.
Prune avait l’impression d’avoir perdu une partie d’elle-même.
Comme au poker, Prune a joué, a misé ses jetons sur la table verte, a été bluffé, et a finalement tout perdu, même son coeur.
Elle a d’abord parlé en espérant que le vent apporterait ses paroles aux oreilles de Yeux Verts, mais le vent les a égaré.
Prune pensa alors : « Ca serait si simple si mon coeur était là, que je pouvais lui parler, et lui dire d’arrêter de penser à cette amie, mais il ne m’écoute pas, c’est un obstiné ».

Puis elle songea :
« Que cette journée soit douce,
Comme la couleur de tes yeux.
Que tu aies le coeur joyeux,
Comme lorsque l’on est amoureux.
Nous côtoyons le même quartier,
Cent fois j’ai cru apercevoir tes yeux dans la foule,
Et cent fois je fus triste que ce ne soient pas les tiens. 
Tu restes ma dame de coeur,
Et je pense à tes yeux cajoleurs. »

THIERRY AU PAYS DES SINGES

Thierry au pays des singes, Collection Porte-Manteau, conte, texte et illustrations de Miroslav Weissmuller, 60 pages, 175*200 mm, 10€, ISBN : 978-2-9558623-5-3.

Suite à un drame dont il n’est pas impossible qu’il soit le seul responsable, le jeune Thierry se voit contraint de quitter précipitamment son foyer. Sa fuite le conduira jusqu’à une fastueuse pension forestière, dirigée par l’aristocrate Beau Sire et abritant une compagnie de singuliers personnages.
Jusqu’où Thierry l’ingénu sera-t-il prêt à aller pour entrer dans les bonnes grâces de son hôte ? L’amitié que lui offre celui-ci est-elle vraiment sans feinte ? Et qui est donc ce mystérieux Ambassadeur, à la venue duquel tout le monde se prépare fébrilement ? Qui lira ce livre le saura.

LA CINQUIEME SAISON

La Cinquième Saison, Hors Collection, roman, texte de Vedrana DONIC’, 206 pages, 110*180 mm, 07€, ISBN : 978-2-9528442-7-7.

Une Juliette fantasque. Un Roméo contrebassiste.
Juliette emménage dans une nouvelle ville. Après une déprime, elle rencontre Roméo.
Nous suivons le quotidien de Juliette puis celui du jeune couple. Ensemble, ils découvrent petit à petit leurs voisins : Une espèce de concierge pénible avec des pinces de crabe à la place des mains, Monsieur Pas de Publicité SVP qui porte un smoking et des fleurs tous les jours, l’homme à la tête en forme de tableau, Vingt Mille Cent Douze qui noie son chagrin dans le bar du coin, Bob le distributeur de préservatifs, Bonnie et Clyde…
Évoluant dans un univers surréaliste, les amoureux essayent de comprendre la vie et les soucis de leurs étranges voisins.

Le récit est ponctué par certaines chansons qui apparaissent telles des musiques d’ambiance (Cat Power, Charles Mingus, Henri Mancini etc…), et fait référence à certains contes populaires (Pinocchio, la Belle et la Bête, le Petit Poucet, le Petit Chaperon Rouge etc…).

Un roman poétique, absurde. Un brin d’érotisme. Un regard féminin. Un humour décalé.

Quelques extraits :

—->Le corps de Juliette était devenu la ville de Roméo. Il promenait son regard sur le paysage, balayait des yeux le lac de sa chevelure, se baladait sur la grande avenue de sa nuque, prenait le temps de déjeuner sur la terrasse de son torse, s’abritait à l’ombre dans son nombril pour y faire une petite sieste, passait la porte du plaisir et en goûtait le fruit velouté, puis il admirait la fontaine. Il prenait ensuite un virage à gauche, sillonnait de sa main la courbure de son bassin, visitait lentement, descendait et arrivait à une impasse, infranchissable avec une muraille autour. Alors il la survolait, et remontait pour poster une lettre de mots doux à l’angle de son oreille, parcourait le tour de son visage en sautillant au-dessus de ses grains de beauté, se désaltérait à la source de ses lèvres, pendant que ses doigts lisses coulaient le long du boulevard de ses hanches. Il rebroussait chemin, gravissait la colline de ses omoplates, prenait un grand tournant, grimpait la montagne de ses seins
avec sa bouche, arrivait au pic de son téton, le contournait avec sa langue, y reposait sa tête quelques instants, s’y installait enfin de compte, et y dressait son temple.

—->Elle habitait une rue piétonne, calme la nuit, active durant la journée. Dans une rue perpendiculaire, il y’avait un marchand de confiseries et de glaces qu’elle avait de suite repéré. C’était une ville qui apprivoiserait Juliette, et non une de ces villes que l’on apprivoise. Juliette aimait cette ville, son insolence, son impatience, son impudence, l’anonymat qu’elle offrait, et le temps pluvieux qu’il y faisait.

—->Si elle inspirait, il expirait. Si elle se cognait le genou, il avait un bleu. Si elle mangeait un piment, il avait la gorge en feu. Si elle avait froid, il avait un frisson. Si elle était enrhumée, il éternuait. Si elle se penchait à la fenêtre, il avait le vertige. Elle était amoureuse et il avait le cœur qui battait.

—->C’était comme un jardin naturel foisonnant de fleurs et plantes tropicales qu’on aurait laissé pousser en liberté sous le soleil poudroyant de l’Équateur, une petite jungle particulière à son logement qui prospérait dans cette déferlante bordélique. Lorsque Juliette rangeait, vêtue seulement d’un vieux maillot et d’une petite culotte, le désordre revenait toujours comme une marée amenant et abandonnant au bord de la plage de nouveaux coquillages et de nouvelles épaves qu’elle croyait disparues depuis longtemps. Le parquet tapissé d’objets, attrapait les objets de ses doigts bruns, les ramenait contre son torse, les engloutissait en sa bouche, et d’un geste brusque les repoussait et les abandonnait au large. Les tentures indiennes couvrant les murs assourdissaient le bruit des vagues.

—->C’était un cirque à lui tout seul : Il se prenait pour un prestigieux magicien, alors que c’était un clown. De même, il se prenait pour le roitelet du bar, alors que c’était un simple bouffon, voire la plus grosse pouffiasse du périmètre. Il lécha son petit doigt avec sa langue pour l’humidifier, et le passa ainsi sur sa moustache courte, comme pour la coiffer. Il s’approcha tellement de Juliette qu’elle se demanda s’il allait s’asseoir sur ses genoux. C’était une chose de plus dont Juliette n’avait pas besoin. Il l’alluma, elle le fuma et le grilla. Il commença à parler, et étrangement, n’entama pas la conversation en parlant de problèmes de calvitie ou de prostate :

« – Ca va Poupée ? dit-il le menton levé, en bombant le torse.
– Bien, merci…, répondit Juliette.
– T’es trop sexy quand tu manges des cacahuètes !
– …»

—->« Parfois, j’ai la tête lourde.
Parfois, les gens se plantent devant moi et me fixent avec insistance.
Parfois, des inconnus se posent des questions sur moi.
Parfois, on ne comprend pas ce que je veux dire.
Parfois, la lumière change, les couleurs de mon visage semblent disparates, et on me regarde différemment.
Parfois, on considère que je joue sur plusieurs tableaux.
Parfois, on essaie de me faire sortir du cadre.
Parfois, on me brosse des tableaux de la vie dans lesquels je ne me reconnais pas.
Parfois, dans les bars, les hommes me parlent fièrement de leurs tableaux de chasse.
Parfois, on me dit que je suis un tableau vivant.»

—->Juliette s’imaginait aisément qu’elle s’effondrait au moindre obstacle, qu’elle se laissait aller au fond de sa cuisine remplie de boîtes de conserve à réchauffer. Des raviolis, des choucroutes, et des cassoulets qui rendaient ses cheveux rêches.
Sa vie était devenue comme ces boîtes de conserves : Fade, sans saveur, qui donnait envie de vomir et filait la diarrhée.

L’OUVERTURE D’ESPRIT N’EST PAS UNE FRACTURE DU CRANEEn rupture de stock

L’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne, Hors Collection, livre collectif, illustrations de Claire Carré, Albert Foolmoon, Dav Guedin, Cléo d’Oréfice-Philomène251, Alice Richard-Pole Ka, Laura Schneider-Fresh Milk, Fanny Tierfoins-Fhöbik, Luca Villani, 32 pages, 175*200 mm, 07€, ISBN : 978-2-9528442-8-4

Ce livre est un recueil d’expressions illustrées, tantôt populaires (Philomène251, Dav Guedin, Claire Carré, Fhöbik), tantôt anciennes (Pole Ka), tantôt inventées (Laura Schneider, Albert Foolmoon). Le décalage entre ce que la locution dit et ce qu’elle signifie nous a intéressé.

Ce florilège d’expressions nous permet de découvrir l’univers trash et décalé des excellents illustrateurs qui y ont participé.

On y retrouve Dav des Frères Guedin, et sa couverture nous rappelant Les Crados, ainsi que son interprétation toute personnelle d’ Avoir les cheveux en bataille et Avoir de la merde dans les yeux pour exemples.

Albert Foolmoon (illustrateur et sérigraphe lillois) et Laura Schneider (une jeune diplômée très talentueuse qui a un style réaliste) le rejoignent avec des expressions qu’ils ont imaginé : La jalousie est comme une pieuvre autour du coeurMentir à en saigner des dents et Se manger une salade de phalanges suivi d’ Avoir le cerveau qui baigne dans la confiture de coing.

Luca Villani nous ouvre les portes de son univers sombre avec des images noirâtres de Diable et de Péchés Capitaux.

Tandis que Pole Ka nous surprend avec des expressions anciennes Avoir un poil de sec et Tomber sur quelqu’un à bras rallongés.

Claire Carré nous trouble et hypnotise par sa vision torturée de l’anatomie humaine avec Sans queue ni tête et Avoir la tête ailleurs.

Fhöbik, une excellente illustratrice et tatoueuse, nous en met plein les yeux avec des images simples, efficaces et symboliques.

Et Philomène251 a gratté ses cartes plusieurs jours pour obtenir de sublimes images représentant Avoir la tête dans les nuages et Avoir le coeur gros.

La chanteuse Ariane Moffatt a personnellement accepté l’utilisation du titre d’une de ses chansons pour ce livre, nous l’en remercions encore.

Là-dessus, il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter une bonne lecture !

DANS MA TETE

Dans ma tête, livre collectif, Hors Collection, illustrations de Vedrana DONIC’, Albert Foolmoon, Dav Guedin, Faustine Jacquot, Gaël Rageade, Laura Schneider, Margaux Sourisseau, Clémence Thienpont, Marion Vandenbroucke, 36 pages, 175*200 mm, 07€, ISBN : 978-2-9558623-0-8.

Ce livre est un recueil d’images, sans texte obligatoire pour la première fois dans cette maison d’édition, illustrant le thème sensible « Dans ma tête ».

Huit illustrateurs talentueux ont participé à cet ouvrage.

Nous entrons tout d’abord dans l’imaginaire d’Albert Foolmoon, sérigraphe lillois à l’Atelier Sabordage, éditeur du Lézard Actif, et découvrons ses images rappelant les dissections médicales et les mutations.

Marion Vandenbroucke, telles des pages d’encyclopédie avec légende, nous livre ses idées écologiques, en définissant « Vélorution » et « l’Urgence ».

Laura Schneider les rejoint en dessinant les agressions du monde extérieur qui l’étouffent, ainsi que ses phobies (dentiste, claustrophobie, mort d’un parent, monde médical).

À l’inverse, Gaël Rageade traduit de sublimes rêves en images, traduisant la liberté et l’envie de voyager, tandis que Clémence Thienpont et son humour décalé nous offre quelques jeux de mots amusants.

Faustine Jacquot, qui a illustré le livre « L’homme qui marchait sur ses mains » les suit avec ses images épurées et surréalistes.

Dav Guedin, des Frères Guedin, vient compléter ce livre, avec ses engagements politiques, ainsi que ses images pornos. Il nous en met plein les yeux avec une magnifique couverture.

Et pour finir, Margaux Sourisseau dévoile les images d’un malaise intérieur, une bataille entre le « moi » le « sur-moi » et le « ça » de Freud, souffrant d’oppression, ayant l’impression de devoir abandonner une partie de soi, et créant ainsi une apocalypse profonde.

Vous y lirez aussi sûrement d’autres choses, on nomme cela « La magie des images » !

PUZZLE

Puzzle, livre collectif, Hors Collection, illustrations d’Aude Carbone, Alice Le Danff, Pole Ka, Jeanne Lombard, Claudine Panagopoulos, Laura Schneider, Margaux Sourisseau, Miroslav Weissmuller, 36 pages, 175*200 mm, 07€, ISBN : 978-2-9558623-2-2.

Ce livre est un livre collectif réunissant huit illustrateurs autour du thème Puzzle.

Tout d’abord, Margaux Sourisseau est partie de l’idée que les puzzles sont des jeux destinés aux enfants, qui en construction créent des zones floues et des trous. Cela lui évoque des points de censure (la censure venant d’elle ou d’autres) et une recherche d’identité en mixant l’enfance (représentée par des peluches) et des peurs plus adultes (meurtre), en laissant soin au puzzle de censurer le pire.

Laura Schneider a aussi travaillé sur l’idée de la recherche d’identité. Le puzzle est une partie d’un tout, ces morceaux de nous-mêmes forment ce que nous sommes, notre identité, notre unité, qui elle-même fait partie intégrante de l’Univers. Nous passons notre vie à chercher qui nous sommes, comme on chercherait avec soin, le quatrième coin d’un puzzle. Nous découvrons de nouvelles pièces un jour après l’autre, afin de pouvoir se sentir enfin complet.

Pole Ka a travaillé sur un puzzle anatomique, mélangeant différentes parties de corps masculin et féminin, créant une sensation d’étrangeté.
Ses images mêlent des cadrages rappelant la Renaissance ainsi que des poses néoclassiques.

Claudine Panagopoulos dessine depuis longtemps des créatures mi-humaines. Au-delà de l’animal totem ou du caractère sauvage qui réside en chacun de nous, elle aime l’impression de bizarrerie (parfois frôlant la gêne) qui se dégage des chimères.

Ensuite, Jeanne Lombard a interprété le thème par une femme qui dort en repensant à tous les hommes qui ont constitué sa vie amoureuse.

Dans les images d’Alice Le Danff, le principe du puzzle est utilisé pour superposer des scènes de vie survenues dans un même environnement à différents moments. 

Quant à Aude Carbone, elle a travaillé sur une sorte de métaphore des relations humaines, complexes, impossibles, bipolaires.
Deux mains s’emboîtent comme deux pièces de puzzle, et dans les pièces de puzzle manquantes de part en part sont représentés les personnages aveugles à qui sont censées appartenir ces mains.
Ils essaient de s’atteindre comme si les pièces de puzzle dans lesquelles ils étaient enfermés pouvaient se correspondre. Elle ne sait pas elle-même si dans les petites mains qui ressortent derrière leur dos se trouve celle de leur âme soeur, ou si comme dans un labyrinthe infernal, ils tournent en boucle dans leur propre prison.
Pour l’image du couple, nous nous situons dans quelque chose d’ambivalent.
Nous ne savons pas si le personnage masculin insère ou retire l’enfant du corps de la femme. Le foetus devient une pièce de puzzle qu’on place et déplace.
Les yeux et attitudes des personnages offrent toutes ces possibilités, et dans chacune toutes ces émotions restent légitimes.
Dans le premier cas, il s’agirait d’une grossesse forcée, d’un viol ; dans le deuxième cas, il peut autant l’aider à accoucher, lui voler son enfant, ou encore sauver l’enfant d’un infanticide.
Le point de vue d’Aude Carbone est que le personnage homme ressemblant à un gargouille viole et impose une grossesse à la femme qui essaye de se défendre. Le cordon ombilical est déjà coupé car elle ne veut pas de cet enfant, le lien est donc brisé.

Pour finir, dans ses dessins à l’encre noire, Miroslav Weissmuller met en scène des figures spectrales aux corps démembrés, égarées dans des régions sauvages et cherchant en vain à reconstituer leur propre puzzle.

DU POMMIER IL NE TOMBE PAS DES POIRES

Du pommier il ne tombe pas des poires, Hors Collection, livre collectif, illustrations de Bryan Beast, Albert Foolmoon, Dav Guedin, Pole Ka, Nadine Grenier, Emilie Ringlet, Laura Schneider, Jean-Jacques Tachdjian, Miroslav Weissmuller, 36 pages, 175*200 mm, 07€, ISBN : 978-2-9558623-4-6.

Ce livre est un recueil d’expressions serbes illustrées, par neuf talentueux illustrateurs.

On y retrouve Dav Guedin des Frères Guedin pour l’illustration de l’expression Se noyer là où sa grand-mère pisse. Il est resté sur le premier degré pour cette expression qui signifie Mentir.
Comme il n’a plus de grand-mère, il a choisi de la faire pisser du ciel, là où les grands-mères se trouvent, à moins qu’on lui ait menti sur la vie après la mort.
Pour l’illustration de l’expression Qui a été mordu par le serpent craint aussi les lézards, il a imaginé une secte religieuse où la vierge est victime.
La perfidie du prêtre est bien représentée sous les traits du serpent, et peut s’étendre à d’autres animaux à sang froid comme le lézard.
Il a délibérément choisi de ne pas coller à la signification des expressions mais plutôt à ce qu’elles lui inspiraient.

Au delà de ses allures saugrenues et surréalistes, le concept d’expressions évoque pour Bryan Beast un univers nostalgique, suranné, vieillot mais charmant. Il a donc choisi une esthétique de vieille réclame publicitaire, ou de couverture de romans d’aventures pour les illustrer, mise en valeur par des éléments typographiques plus modernes.

Faites du bien au diable, il vous donnera l’enfer en récompense, c’est déjà adhérer à la doctrine sataniste, et au catholicisme de fait. Albert Foolmoon a imaginé une société où le diable serait le dieu, avec ses adeptes, et un enfer où ils seraient devenus des insectes dévorés par un monstre chevelu.
Le loup change de poils mais pas d’esprit lui a fait penser à l’expression Dog-eat-dog, le dessin se lit dans les deux sens : D’un loup sort un loup d’où sort un loup, mais aussi chacun mange l’autre.

Tandis que Laura Schneider a souhaité représenter le cliché de la vieille dame entourée de ses trois incontournables et fétiches, son chien miniature, sa cuillère et son dentier.
On l’entend d’ici nous dire avec assurance Vous savez, de mon temps …, car On n’apprend pas aux vieux comment manger les oeufs.
Pour l’illustration Cochon 100 kilos, 200 kilos saindoux qui signifie Mentir, elle a choisi d’illustrer un cochon au nez allongé symbolisant Pinocchio. Les plaques de saindoux gravitant autour de lui montrent combien de mensonges peuvent sortir d’une seule personne et combien certaines paroles peuvent blesser bien plus qu’un coup de couteau.

Ensuite, Nadine Grenier a illustré Mange la merde !, une sorte de Va te faire voir.
Le lecteur est touché de plein fouet par une bouche qui crie l’expression Mange la merde !
Un message percutant avec les lettres-étrons intégrées dans les lèvres. Et une pluie de points d’exclamation-étrons sortent de la bouche… tels des postillons pour donner le ton.

Par les vides et les pleins de ses dessins, Emilie Ringlet a voulu illustrer l’expression signifiant On ne vend pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué en racontant en bande-dessinée l’histoire d’un homme qui croit que tout lui est acquis, et qui redescend à sa place d’un coup.
Pour la seconde expression, elle a voulu montrer l’indépendance du mouton qui veut suivre un chemin alors que l’on essaye de l’obliger à en suivre un autre.

Par la suite, Jean-Jacques Tachdjian nous emmène par des lignes folles et un aspect géométrique, dans un univers gris de collages numériques, fait de gros plans, de symboles (les clous), avec un personnage rétro.

Pole Ka livre deux illustrations littérales, exacerbant l’aspect grotesque des deux expressions, tout en évoquant une imagerie ancienne faite de vieilles gravures. L’une n’est pas sans faire référence à L’origine du Monde de Gustave Courbet, tandis que l’autre peut rappeler les oeuvres de certains primitifs flamands.

Enfin, ayant opté pour une interprétation graphique littérale des proverbes, Miroslav Weissmuller présente un bestiaire fantastique évoluant dans des décors immémoriaux, aux confins de l’abstraction.

Là-dessus, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne lecture !

CRAVACHER LE PUR SANG. Hors Collection. À paraître.

LA SIXIEME SAISON : Flammes Jumelles. Hors Collection. À paraître.